Nouvelles Retour
Événements  |  
5 mars 2021

C'est un tube et Ma Première Place des Arts

De gauche à droite : Catherine Dagenais, Rose Bouche et Laurent Corbec 

Les 23, 24 et 25 février avaient lieu à la Salle Claude-Léveillée les demi-finales de Ma Première Place des arts. Ces trois soirées, captées en direct et diffusées en ligne, comptent en fait pour l’édition 2020 du célèbre concours organisé par la SACEF – et interrompu en 2020 pour des raisons qu’on ne connait que trop bien.

Ça n’empêchera pas la 27e édition de démarrer également au mois de mars : en attendant la 26e finale le 18 mai à la Cinquième Salle.

Robin Cauche, animateur de l’émission C’est un tube et amoureux des chansons, a assisté « en présentiel » à la demi-finale du 24 février, dédiée aux auteurs-compositeurs-interprètes et autrices-compositrices-interprètes. Trois finalistes y ont été désigné·es : Catherine Dagenais, Laurent Corbec et Rose Bouche.

 

La Place des Arts était vide. 

Quand j’arrive à la salle Claude-Léveillée, un régisseur me tend un clipboard surmonté d’une petite lampe. Avec mon masque et mon bonnet, il m’a confondu avec Félix Dyotte, qui est membre du jury ce soir. Je suis flatté, on dissipe le malentendu, je rentre dans la salle. Félix Dyotte arrivera bel et bien quelques minutes plus tard – j’en profite pour vous conseiller l’écoute de ses trois nouvelles chansons, son nouvel album Airs païens sort le 12 mars ! 

Je le dis d’emblée : je mesure ma chance incroyable d’avoir pu assister à un spectacle en salle. Si je ne me trompe pas, mon dernier concert en salle avant la pandémie était un quart de finale du même concours, au même endroit. Il y a un an. Un an.

Il faut donc m’imaginer, petite souris discrète dans un coin de la salle, au milieu de sièges vides, un sourire immense derrière mon masque de procédure. Je suis assis à quelques mètres derrière les trois membres du jury, Antoine Lachance, Gina Brault et Félix Dyotte, ce qui me laisse percevoir leurs réactions. Comme un spectacle dans le spectacle, j’essaye de deviner leur futur verdict. L’attention avec laquelle ces trois-là écoutent le show doit faire du bien aux artistes sur scène. 

Sept participant·es viennent présenter deux de leurs chansons : Mariko, Laurent Corbec, Catherine Dagenais, Allyson Pétrin, Abel, Marc Gravel et Rose Bouche. Quatre musiciens les accompagnent, sous la direction musicale du pianiste Guillaume Rochon. La pandémie contraint un peu le dispositif : pas question par exemple d’emprunter le clavier du maestro pour un morceau piano-voix intimiste. Mais cela a l’avantage de mettre les candidat·es sur un pied d’égalité.

Olivier Robillard-Laveaux, qui anime la soirée, sait détendre et valoriser les candidat·es dans ces circonstances un peu perturbantes. Car depuis un an, ce qui manque le plus aux artistes, c’est de pratiquer la scène. On a senti toute la soirée un mélange de fébrilité et d’exaltation, qui donnait toute son importance au moment présent.

Dans C’est un tube du 22 février, j’avais annoncé mes deux favori·tes, Laurent Corbec et Rose Bouche. Le jury les a effectivement propulsé·es en finale.

Je suis la carrière de Laurent Corbec depuis quelques années, il a un incontestable talent d’auteur – il est d’ailleurs également romancier. Il sait écrire des histoires, simples et évocatrices, souvent très touchantes. Mais on l’a aussi vu, de scène en scène, prendre une belle assurance comme interprète. Il semblait ici bien plus à l’aise face aux caméras qu’à Granby l’été dernier, c’est bon signe. Son personnage un peu lunaire en est d’autant plus sincère, ce qui convient parfaitement à ses chansons.

Quant à Rose Bouche, j’ai écouté en boucle son EP Auroville, dont elle a chanté mercredi « Je croyais à l’amour », une chanson co-écrite avec Philémon Cimon. Rose Bouche est celle qui semble avoir pris le plus de plaisir sur scène, malgré l’absence de public et la distanciation avec les musiciens, qui empêchait en partie ses déplacements. J’ai hâte que sorte une version enregistrée de sa deuxième chanson du spectacle, « Zoé don’t care », sublime et encore inédite.

La troisième finaliste sélectionnée, Catherine Dagenais, convainc en une poignée de secondes. Sous la sobriété d’un col roulé gris, c’est la révélation : une autrice sensible, interprète intense, volontiers drôle, et solide guitariste. Si j’avais été au jury (rappelez-vous, j’ai bien failli, sur un malentendu !) je n’aurais pas hésité non plus : elle est à suivre, assurément ! Elle repart d’ailleurs avec plusieurs prix complémentaires, dont celui du Festival de la Chanson de Tadoussac.

Parmi les quatre autres candidat·es, j’ai aimé la fougue, un peu adolescente, mais prometteuse, d’Abel. Allyson Pétrin est une excellente technicienne vocale, un peu trop « variété » pour le concours – on l’a vue récemment à Star Académie. Marc Gravel, sur un ton fantaisiste, a été pénalisé par le choix de deux chansons trop différentes l’une de l’autre, qui l’ont rendu difficile à cerner. Quant à Mariko, elle repart avec un prix bien mérité, décerné par le Festival de Petite-Vallée.

Pendant la délibération du jury, c’est Mélodie Spear qui a tenu la scène. Très à l’aise, la lauréate du concours en 2019 a prouvé que ce prix ne lui avait pas été attribué à tort. Devant les candidat·es de cette édition ainsi que son premier fan, son papa assis au premier rang, elle a interprété quelques pièces de son EP Fabulations – une merveille.

Pour la grande finale le 18 mai 2021, Laurent Corbec, Rose Bouche et Catherine Dagenais seront rejoint·es à la Cinquième Salle par les autres finalistes : William Beauchamp, Sophie Morin De Moor et Ally Neah dans la catégorie « interprètes », FIDES et De Plume et d’encre dans la catégorie « groupes ». Les gagnant·es auront la chance d’être programmé·es à la Place des arts, dans des conditions, bien sûr, encore incertaine.

On en reparlera dans C’est un tube !

 

C'est un tube, c'est tous les lundis de 14h30 à 16h sur les ondes de CISM