Coup de Coeur Retour
14 December 2020

Revue de l'année 2020 : Rock / Loud

2020, c'était spécial. Ici, le meilleur du meilleur tout le temps de l'année, selon nos émissions rock / loud : Les Criquets crinquésLe Cours de mathPorte de garageCafé noir et Pit Pit Punk.

 

Jean-François Rioux / Les Criquets crinqués

Adrianne Lenker - songs and instrumentals (4AD) : La plus belle chose que j'ai entendue cette année. Beau et doux.


LANE - Pictures of a Century (Vicious Circle) : Étant un grand fan du groupe Les Thugs, j'attendais leur nouveau projet avec excitation et je n'ai pas été déçu. Moins punk, plus post-punk que Les Thugs.


Penny Diving - Big Inhale (Indépendant) : Penny Diving est sans aucun doute le groupe que j'ai le plus écouté en 2020. Du beau rock-dreamy, de belles harmonies vocales, bien hâte au prochain!


Nada Surf - Never Not Together (Barsuk) : J'ai toujours eu un crush sur Nada Surf et leur rock simple et sincère.


Dany Placard - J'connais rien à l'astronomie (Simone) : Dany semble avoir redécouvert le mush, et ça ne lui a pas fait de tort, au contraire! Du bon psyché-rock folky.


Eloi Mayano-Vinet + Alexandre Duhamel-Gingras / Le cours de math

Gulfer - Gulfer : Gulfer peaufine un son unique depuis leur début et l'album homonyme paru plus tôt cette année démontre le succès de leur approche. Un album varié, accessible, mélodique et où l'on reconnaît leur son à chaque pièce. Un album qui est non seulement leur meilleur, non seulement un des meilleurs albums de l'année, mais qui va rester dans les années à venir comme une oeuvre majeure de la scène math.


Disheveled Cuss - Disheveled Cuss : Ce serait scandaleux de réduire Disheveled Cuss a un projet solo de Nick Reinhart, leader du célèbre groupe Tera Melos, car il s’agit sans aucun doute de l’une de ses meilleures oeuvres. C’est comme si Thurston Moore était guest sur un album de Weezer enregistré dans un champ de blé au petit matin. C’est doux, chaud, ensoleillé, plein d'espoir et magnifique.


Silver Scrolls - Music For Walks : Question de name-dropper du gros stock, deux membre de Polvo s'unissent dans un projet au concept un peu flou : la trame sonore d'une introspection que seulement une marche peut apporter. Le résultat est un indie rock plannant, légèrement psychédélique, qui nous fait voyager à chaque écoute. Certains thèmes chantés reviennent, de la guitare 12 cordes acoustique apparaît par moments malgré une plus grande présence de l'électrique légèrement salie.


Hot Mulligan - You’ll Be Fine : On a perdu Modern Baseball en 2016, mais Hot Mulligan reprennent le flambeau du emo intelligent, mélodique et poignant avec brio. Difficile de penser que You’ll Be Fine est encore meilleur que Pilot en 2018, mais c’est bien le cas. Un groupe qui évolue constamment depuis 5 ans et qui nous jette à terre à chaque pièce.


The Kraken Quartet & Adobo - Backdrop : Le meilleur quatuor de percussions du math revient avec une collaboration avec le chanteur et guitariste Nay Wilkins. Plus grand que la somme des deux, on y découvre un mariage parfait de l'organique et de l'électronique avec des contretemps reichesques, merci aux orgies de xylophones et vibraphones.


Simon Doucet-Carrière + Michaël Poisson-Chaîné / Porte de garage

DOUBLE DATE WITH DEATH - L’Au-Delà : Double Date with Death nous revient en 2020 avec un album oscillant entre rock garage saturé et psych-rock texturé. Avec l’ajout de synthés à la formule, on découvre une profondeur au groupe qui nous démontre qu’il est apte à faire plus que de la musique « dans ta face ». 


SLIFT - UMMON : Une grosse découverte pour nous cette année, grâce à leur excellente session KEXP. Groupe de Toulouse, qui mélange avec brio rock psychédélique, krautrock, ambiences avec quelques détours pertinents vers le stoner.  Une album rempli d’énergie, qui s’écoute du début à la fin, sans temps morts.


POPULATION II - À la Ô Terre : Groupe local francophone qui nous balance un album paru sous rien de moins que Castle Face Records, maison de disques californienne cofondée par le bon John Dwyer (Thee Oh Sees, Coachwhips, etc)… et on comprend pourquoi. Un mélange de psych-rock, stoner mélodique, acid jazz, avec des touches orientales surprenantes. Ça, c’est un band, et ça sonne comme un album de band. 


OSEES - Protean Threat : Parlons-en de John Dwyer… ou c’est peut-être plutôt lui qui devrait parler, parce qu’il a visiblement quelque chose sur le coeur. Première parution de 3 pour la formation cette année. Album avec une moyenne de tempo assez rapide, plusieurs pièces brutales. C’est un album de Osees/Oh sees/Thee Oh Sees qui bûche… et c’est fait avec brio.


KARKARA - Nowhere Land : Autre groupe de Toulouse, découvert en fin d’année. Dans la lignée des King Gizzard & The Lizard Wizard, on est ici dans le psych-rock technique et dynamique. Plein de revirements de situation, des chansons complexes et rapides, remplies de mélodies hypnotiques et de textures de guitares déraisonnables.


Émile Savard / Café noir

5 Wraith/Bastardizer - Speed Armaggedon SPLIT : Fans de Black/Thrash, vous voilà servis. Définitivement l'un des splits les plus fulgurants de l'année. Un vrai coup de poing!


4 Lamp of Murmuur - Heir of Ecliptical Romanticism : Plusieurs nouveaux groupes tentent désespérément d'atteindre de fameux tons de la « deuxième vague ». Ne cherchez pas plus loin! Voici la parution que tout le monde attendait (et que probablement personne n'a remarquée). La renaissance du « Trve Norwegian Black Metal », « made in U.S.A. ».


3 Basalte - L'excroissance du vide EP : À la tête du Black Metal avant-gardiste Montréalais, Basalte surprend avec son opus le plus ambitieux à date. Méticuleusement composé, L'excroissance du vide construit, détruit et transporte l'auditeur à travers sa pièce de 14 minutes en deux parties.


2 Midnight - Rebirth by Blasphemy : Midnight débarque avec son quatrième album et ça frappe fort. Figure dominante du Black/Speed, Rebirth by Blasphemy pourrait même être l'album Rock de l'année. Ses riffs accrocheurs, son esthétique 80's et ses thèmes sataniques sont la formule magique pour plaire autant aux fans de Darkthrone que de Motörhead. Une valeur sûre! 


1 Serment - Chante, ô flamme de la liberté : C'est le projet solo de Morribond (Forteresse) qui remporte la Corne d'Or cette année! Homologué Métal Noir Québécois, Chante, ô flamme de la liberté est une ode. Une ode aux paysages d'hiver et à la culture québécoise, une culture riche et vivante. Son atmosphère froide, ses voix poignantes et ses arrangements simples quoi que riches en font l'ultime album Café Noir de 2020. Bonne écoute!


Album W.T.F. de l'année : Liturgy - Origin of the Alimonies : Les mots me manquent. Complètement hors-crédo, Liturgy se voit déstabiliser son auditoire avec de longs passages instrumentaux loufoques et dissonants, l'incorporation de musique numérique ainsi qu'une bonne dose de variations improbables. Comparable à un album de John Zorn (compositeur free-jazz), Origin of the Alimonies représente l'Art avec un grand A, et détruit notre conception de la cohérence sans jamais perdre le nord.


Francis M. Desmarais / Pit Pit Punk

Violence Gratuite / Violence Gratuite : L'album du trio montréalais présente 13 pièces qui se dévoilent comme une agréable découverte d'une track à l'autre. Un son qui rappelle beaucoup les premiers albums de Blink-182 avec des teintes de musique post-emo, avec des textes extrêmement bien construits, sans absurdités ou clichés, assistés par un vocal intensément puissant et émotif. Un excellent album d'un bout à l'autre. 


NO DREAM / Jeff Rosenstock : Arrivé comme une surprise complète en mai dernier, l'album NO DREAM de l'artiste new-yorkais Jeff Rosenstock ramène l'énergie et la fougue qu'on connaît bien des derniers albums. On retrouve tout ce qu'on aime : la voix cassée sur de longue pièces remplies de « sing alongs », de la grosse distorsion bien sale et certains ajouts de clavier tout à fait à leur place. Un disque que j'ai écouté en répétition sans m'en lasser.


Melee / Dogleg : Dogleg, groupe du Michigan présente l'album Melee : un album qui, à mon avis, présente un bel exemple du nouveau son du post-hardcore/post-emo au goût du jour. Du vocal très émotif, des textes poignants, accompagnés de guitares et basses noyés d'effets distortionnés, jouant des airs qui s'imbriquent bien dans le style du math rock et du grunge nouveau genre. Très hâte de le voir en show! 


Sleepville Guaranteed / F.O.D. : Probablement l'une de mes découvertes préférées de 2020, non seulement l'album Sleepville, mais l'œuvre entière du groupe Belge F.O.D.. Pour bien apprécier toute la saveur de l'album, il est fortement recommandé d'écouter le disque d'un bout à l'autre, alors que les pièces s'accrochent d'une à l'autre. Avec sa base très punk-rock, l'album est teinté de toutes sortes d'autres styles : quelques passes baroques, des éléments country très subtils, et des moments vocaux épiques à la « Opera Rock » qui m'ont totalement éblouis. Probablement l'équivalent du (punk) rock progressif actualisé au goût du jour. Mention similaire aussi pour l'album Sleepville II sorti plus tard aussi en 2020. 


Si c'est flou, c'est un OVNI / L'Affaire Pélican : Du punk mélodique rapide et précis avec des textes et structures très bien construites. 3 pièces qui passent rapidement mais qui marquent et se réécoutent sans modération! Une musique qui rappelle beaucoup du MAP ou du Mute (en français), avec un son de skate punk rapide avec une exécution très « clean », juste et précise. Un must de 2020 qui s'est aussi valu une nomination aux prix GAMIQ.

Contemporain

Pulsar
2 mai 2021