Coup de Coeur Retour
16 December 2020

Revue de l'année 2020 : Alternatif

2020, c'était spécial. Ici, le meilleur du meilleur tout le temps de l'année, selon nos émissions de musique alternative : Rebelles soniquesSous le radarLes garçons pleurent aussiDésordres sonoresLondon Cafe et Salut c'est moi / Musique de chambre / Les Préliminettes.

Annie Calamia / Rebelles soniques

keiyaA - Forever, Ya Girl : Sur ce 1eropus remarquable, keiyaA nous livre un son R&B aux fortes influences jazz et soul. Une œuvre d'une grande maturité à la fois intime et politique. 


Marie-Pierre Arthur - Des feux pour voir : La plume de Marie-Pierre Arthur ne cesse de se raffiner, toujours sur des mélodies envoûtantes livrées par l'un des bands les plus forts de Montréal. Sans contredit son meilleur album à ce jour!


Buscabulla - Regresa : Six mois après que l'ouragan Maria ait ravagé leur île natale de Porto Rico, le duo, maintenant installé à New York, décide d'y revenir pour enregistrer ce 1er album. Sur des rythmes pop et tropicaux, ils nous emportent dans le récit de leur paradis perdu et leur quête pour le rebâtir. 


SoKoFeel Feelings: Épaulée par Patrick Wimberly de Chairlift, SoKo se surpasse sur ce 3e album. Des textes mélancoliques sur des arrangements sensuels, lents, presque aquatiques. J'ai tout aimé!


Soccer Mommy - color theory : L'américaine Sophie Allison fait suite à son excellent disque clean, paru en 2018, avec une œuvre plus profonde et aboutie. Dans une démarche cathartique, parfois très sombre mais résolument touchante, elle nous ramène toujours vers la lumière sur ses refrains irrésistibles.

 

Gabriel Aucoin-Lo / Sous le radar

Population II - Â la Ô Terre : Ambitieux début que les gars de Pop II réalisent ici les doigts dans le nez. Mon face-melter de 2020. Pièce favorite: Il Eut Un Silence Dans le Ciel


Oneohtrix Point Never - Magic Oneohtrix Point Never : Plutôt que de se redéfinir, Daniel Lopatin offre un long-jeu qui vient en fait définir le son OPN qu’il a développé depuis les 10 dernières années. Une ultime introspection. Pièce favorite: Long Road Home


Jockstrap - Wicked City (EP) : Facile d’imaginer que ces deux-là se sont rencontrés "in art school". Pour ceux qui aiment se popper des uppers après des downers. Pièce favorite: The City


Thanya Iyer - KIND : Un rêve lucide et narratif sous trame de pop indie, baroque contemporaine et jazz improvisé. Ça nous invite à prendre soin de soi-même et ça fait du bien en 2020. Pièce favorite: I Just Lay Down My Head


Badge Époque Ensemble - Self Help : Les sonorités free-jazz fusionnées au rock d’aujourd’hui font bonne figure dans les points forts des dernières années. Le début de cette formation en était un bon exemple en 2019. Les jeune re-découvrent Alice Coltrane et Pharoah Sanders puis on peut revenir aux influences 70’s en restant cool. « Bitches Brew et On The Corner, c’est meilleur que Kind Of Blue » kind of thing. Ce follow up ajoute à ça une narrative intéressante avec l’apparition de vocal sur certaines pièces. Pièce favorite: The Sound Where My Head Was


Julien Roche / Les garçons pleurent aussi

Cindy Lee, What's Tonight To Eternity? – Jadis guitariste et vocaliste principal chez les Calgariens Women, Patrick Flegel a entièrement capturé mon année avec ce projet de « confrontation pop » qu'il présente sous son alter ego Cindy Lee. Chaque grenaille de beauté, chaque instant de répit est gagné de haute lutte sur cet album qui pourrait bien être cristallisation définitive de la réponse à la question: « Si 2020 était un album, ça sonnerait comment? » Pas mal comme ça, surtout la dissonance. 


Crack Cloud, Pain Olympics – La formation art-punk de Vancouver s'éloigne de l'orthodoxie post-punk sur ce deuxième album. Elle y gagne en accessibilité sans se trahir, troque la précision pour la créativité et gagne au passage beaucoup de bons copains aux multiples talents qui lui permettent notamment d'avoir de biens belles vidéos.


Totalement Sublime, Totalement Sublime : Le duo montréalais présente un premier album soyeux, feutré, influencé par la synth pop japonaise. On y trouve des introspections chuchotées, oui; des ambiances bruitistes aux titres futuristes, certes; mais surtout des rythmes enveloppants ponctués de sax qui flashent un bon instinct pop et le franc désir de s'amuser. 


Loving, If I am Only My Thoughts : Cette année, quand j'ai voulu fuir les nouvelles, quand l'envie me prenait de ghoster mon fil d'actualités, la cacophonie, la violence, la stupidité et l'inculture, quand j'ai voulu ignorer l'update quotidien du nombre de morts et de contaminés, quand j'ai voulu prendre congé de la réverbération des milliers de petites névroses ordinaires qui ont nourri les réseaux sociaux cette année, j'ai trouvé refuge dans cet album. 


Jimmy Hunt, Le silence – On y remarque toujours l'économie de mots, oui oui, mais c'est surtout une affaire de beaux riffs tristes, ceux qui sentent les bouleaux pis la solitude. C'est un peu aussi le préféré de la maison ici à la station, et Le silence nous donne aucune raison de ne pas renouveler son abonnement.


Alexandra Resler / Désordres sonores

DÉCEPTION- Retour de la nuit : Ce duo montréalais s’inspire des films d’horreur des années 80 (à l’instar de l’esthétique de la pochette) avec des compositions de synthétiseurs mélodiques. Ce LP marque un nouveau chapitre pour le groupe. Ils adoptent un son plus sombre, en empruntant aux pionniers du post-punk, de la darkwave, de la synthpop et de l’électronique.


MONTREAL DANCES ACROSS BORDERS VOL .1 : C’est un album collaboratif qui réunit la communauté alternative à Montréal. On y retrouve un bel éventail de talentueux artistes tels que : CMD, Police des Mœurs, Tourment,  ottoman.grüw, FXBIP, Ossifer, Honeydrip, Aquaventure, Spraelle, Xarah Dion.  Ce projet a pour but de rappeler que cette musique est avant tout faite pour unir à travers les différences, par-delà tous les types de frontières physiques ou abstraites. Bien que les morceaux de cet album soient téléchargeables gratuitement, vous pouvez aussi donner un montant de votre choix; tous les bénéfices tirés de ce VOL.1 seront reversés à www.solidarityacrossborders.org à but non lucratif qui œuvre pour la protection des droits de l’homme, actif à Montréal depuis 2003. Bonne musique et belle cause à encourager.


NO- Permanent Wound : L’artiste montréalais Antonio Pavao-Péreira nous convie ici à son premier opus, un album où il affiche une belle maîtrise de l’art de la coldwave en lui donnant des contours à la fois minimalistes et modernes.  Durant ce voyage dans la froideur des synthétiseurs, la route prend des virages surprenants vers une darkwave mélancolique aux rythmes parfois joyeux qui flirtent avec la new wave.


PALISSADE- Palissade : Fondé à Québec, ce trio propose un son post-punk glacial tant dansant et énergique que froid et introspectif. Les rythmes répétitifs de basse et guitare nous plongent dans un désarroi convaincant. Derrière un chant parfois murmuré se cache une tempête d’émotions baignant dans une ambiance lancinante.


THE SEANCE- The Seance : Ce duo post-punk et synthpop d’Ottawa nous offre une vibrante touche des années 80 aux rythmes entraînants de synthétiseurs et de guitare qui rappelle le son de New Order. Sa musique électronique hypnotique se démarque par des arrangements musicaux bien orchestrés qui annoncent un début prometteur pour ce groupe.

Melanie Lapierre / London Cafe

1. Miro Shot - Content : Roman Rappak que vous avez connu avec le projet Breton revient avec un projet électronique et audiovisuel qui détonne!


2. Kidsmoke - A Vision in The Dark : La bande de Wrexham nous offre un tout premier album aux allures mélancoliques et shoegaze. Leur pièce Take Me To The River s’est même retrouvée sur la populaire série Black Mirror sur Netflix.


3. Columbia Mills CCTV : Un album qui nous a accompagné durant cette année difficile. Le quintette de Dublin nous offre sur CCTV une noirceur teintée de quelques passages lumineux mélangeant électro et guitares envoûtantes.


4. Working Men’s Club - Working Men’s Club : Après avoir exploré l’indie pop et des départs et des arrivés au niveau des membres, la formation du Yorkshire nous offre un album qui nous rappelle le bon vieux Hacienda de Manchester. Sons “baggy”, rock dansant et post-punk à l’honneur.


5. Dream Wife - So When You Gonna : Les femmes ont pris leur place cette année au niveau de la pop, du rock du rap et de l’électro. Le trio londonien Dream Wife en est la preuve avec ce deuxième album autant émotionnel et chaotique, mélodique, parfois punk. Amateurs de Metric et des  Raveonettes, vous allez adorer.


Sarah Gagnon-Piché et Sara Hébert / Salut c'est moi + Musique de chambre + Les Préliminettes.

Jennifer Castle - Monarch Season : La voix de cette artiste canadienne nous berce et nous ensorcelle, celui-ci est un album dépouillé et touchant qui agit comme un baume sur les blessures que nous laissent les violences rapportées aux nouvelles. La vidéo du single Justice, une animation de Jesi Jordan, est absolument magnifique. À regarder et à écouter en boucle, à chanter comme un mantra dans l'espoir que les choses changent pour le mieux.


Land of Talk - Indistinct Conversations : Nous sommes des fans finies d'Elizabeth Powell et son plus récent album est aussi excellent que son précédent. Dansant, doux, rock, mélancolique et cathartique, cet album est notre ami. 


Ora Cogan - Bells in the Ruin : Cette artiste est la découverte de l'année de Sara H. qui a écouté l'album complet en boucle. Une autre voix d'ici complètement envoûtante qui nous plonge dans un monde étrange, sombre et séduisant. Les chansons ont quelque chose de mystique, ce sont des invocations, des plaintes sacrées. Les petits riffs de guitare de Crime, ci-dessous, font écho à des groupes tels que Saetia qui permettaient aux plus perturbé-es-tristes d'entre-nous en l'an 2000, de canaliser la rage, le ressentiment et la frustration adolescentes sur fonds de mélodies baroques dramatiques puissantes, sauf qu'ici, sur Bells in the Ruin, ces petits riffs agissent comme le parmesan jeté sur une sauce réconfortante et hypnotisante qu'est la voix d'Ora Cogan. 


SAULTUntitled (Black Is) / Untitled (Rise) : Nous avons découvert le collectif anglais en 2019 avec les albums 5 et 7. À ce moment, on ne savait que très peu de choses sur ce band néo-soul, RnB et funk : pas d'entrevue, pas de promo, pas de membres déclarés - leur groove voluptueux et leurs paroles engagées faisaient de leur musique un trésor trop bien gardé. En juin 2020, le groupe sort un album coup de poing qui paraît dans la foulée des revendications Black Lives Matter. Il sera suivi quelques mois plus tard par une autre parution, Untitled (Rise). Deux excellents albums qui donnent à la fois envie de danser et de prendre la rue.


Anachnid - Dreamweaver : Un des albums qui a le plus joué dans nos émissions en 2020. Premier opus audacieux de Kiki Harper, une artiste oji-crie micmaque montréalaise qui s'amuse à mélanger chill wave, électro, trap et musiques autochtones. Un album à la fois sensuel, dansant, étrange et engagé - en plein dans nos cordes.


Contemporain

Pulsar
2 mai 2021