Nouvelles Retour
Actualités  |  
24 novembre 2020

Pour le maintien des quotas francophones à la radio

L’annonce survenue au courant des derniers jours concernant la possible diminution des quotas francophones à la radio commerciale a créé une onde de choc auprès des radiodiffuseurs universitaires du Québec. Nous souhaitons contribuer à la réflexion de la population à cet égard et plaider pour un maintien des mesures actuelles concernant la diffusion de musique francophone.

Lors du plus récent Gala de l’ADISQ, un message publicitaire provenant des radios commerciales mentionnait que, pour ces dernières, il est important de faire rayonner la culture d’ici. Nous ne doutons certainement pas de leur bonne volonté, mais nous souhaiterions savoir quelle est leur stratégie en ce sens et comment une diminution des quotas de musique francophone pourra les aider.

Les arguments émis lors de la demande initiale de réduction des quotas francophones en 2015 nous paraissent déraisonnables. Sous prétexte que les ventes d’albums francophones tournent autour de 35% au Québec, le rassemblements des radiodiffuseurs demande à ce que leur offre en musique francophone soit également réduite à 35% du contenu diffusé. Plutôt que de se placer en figure de proue dans le développement des habitudes et du goût, cette demande placerait les diffuseurs à la remorque des habitudes des consommateurs.

Qu’en est-il de la radio comme vecteur d’éducation? Qu’en est-il de la radio défricheuse de talents? Qu’en est-il des tapes dans le dos qu’on se donne quand on parle de notre métier, de notre passion, et qu’on se rappelle de l’influence des disk-jockeys dans les stations FM partout à travers l’Amérique concernant la découverte des plus grands talents de l’histoire de la musique pop?

Nous, les radiodiffuseurs universitaires et communautaires, travaillons jour après jour en collégialité avec les artisans de la scène locale. Celles et ceux qui font vibrer les foules en festivals, celles et ceux qui habitent les listes d’écoute dans de nombreux foyers à travers le pays. Malgré le tournant vers le numérique, les musiciennes et musiciens nous remercient de la chance qu’on leur donne. Imaginez ce qu’il en serait avec une part de marché plus grande que la nôtre.

N’a-t-on pas appris de Loud en 2018? De Bleu Jeans Bleu en 2019? Voire même de Louis-Jean Cormier et Coeur de Pirate plus tôt, au tournant de la décennie? La matériel francophone de qualité au Québec et au Canada existe et le public est présent pour l’écouter. Et quand le risque paye, on entend les directeurs musicaux se vanter d’avoir su dénicher la bonne affaire. N’avez-vous pas envie de vivre ce sentiment de fierté encore plus souvent?

Comment se fait-il qu’on en vienne à demander une diminution des quotas francophones pour les radiodiffuseurs commerciaux quand la musique en français n’a jamais été aussi riche et diversifiée? Comment se fait-il que la majorité des titres francophones tournés chez ces radiodiffuseurs datent d’une des périodes les plus creuses pour la création en français dans la province?

Du côté des radios universitaires, nous invitons nos collègues radiodiffuseurs à suivre notre exemple et à maintenir une philosophie qui met de l’avant le talent d’ici. La dernière année a été difficile pour plusieurs membres du milieu culturel; nous invitons chacun et chacune à se serrer les coudes et militer pour une politique sur la radiodiffusion qui soit solidaire avec nos artistes d’ici.

***

 

Le CRTC tient une consultation concernant les habitudes de consommation de radio des Canadiennes et Canadiens. Vous pouvez remplir le sondage ici jusqu'au 26 novembre. Ces propos n'engagent que les membres de l'équipe de direction de CISM et non les animatrices et animateurs des différentes émissions.

***