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4 septembre 2017

Mon Doux Saigneur : son premier album homonyme en écoute exclusive

MON DOUX SAIGNEUR, le 1er album de MON DOUX SAIGNEUR : ton CISM t’en offre l’écoute intégrale en exclusivité. Le voilà qui est sensationnel. Pour en bonifier l’écoute et mieux comprendre, nous avons posé les bonnes questions.

CISM : Allo MON DOUX SAIGNEUR on va commencer par le début ok. Tu as fait paraître un premier EP de 4 pièces enregistré avec Jesse Mac Cormack au printemps 2015. Au courant de l’année suivante, ledit EP a progressivement été augmenté de 2 chansons.  Raconte-nous donc cette genèse-là.
MON DOUX SAIGNEUR : Ça donne l’impression que c’est une sélection de chansons mais en fait c’est tout ce que j’avais à l’époque. Mon répertoire s’arrêtait vraiment là. J’étais en amour et j’ai eu un espèce de boost créatif (j’suis sûr que vous connaissez le feeling!) où j’ai tout canalisé en musique. Quand j’avais une nouvelle chanson je voulais la partager aussitôt. Je m’améliorais.

CISM : Pis en 2016, tu t’es rendu jusqu’à la finale des Francouvertes. T’es devenu riche (probablement), c’est là que Grosse Boîte t’a remarqué, et ça t’a permis d’aller en studio pour l’enregistrement de l’album. Tant qu’à être là, raconte-nous donc ça, itou.
MON DOUX SAIGNEUR
:  Riche? Riche en fibres ouais. Je travaillais encore comme plongeur. En fait Eli Bissonnette de Grosse Boîte est venu me retrouver dehors après notre perfo de la round des préliminaires dudit concours. Il s’en venait me parler de contrat de disque. Faut croire qu’il avait perçu quelque chose d’inspirant. On voyait d’où on venait et où on voulait aller. Je venais de terminer de jouer quand il m’a accosté. Disons que j’ai compris qu’on avait su se faire remarquer, tel que prévu. Que le reste du concours serait juste une partie de plaisir. Y’avait aussi Audiogram qui était venu me parler de ses fils de studio en or. Ils parlaient de contrat de disque aussi.

CISM : Tu reprends 2 pièces du EP sur l’album : Le Courant et Ici-bas. Pourquoi celles-ci et pas les autres?
MON DOUX SAIGNEUR : Parce que je porte leur message très près de moi. Je les ai écrites pendant les années où j’étais encore en train de me familiariser avec la ville et toute son intensité. Ce furent des années où je ne me ménageais pas. Je lisais, pensais et marchais énormément. Je pense que je faisais de la visualisation. J’ai appris à me projeter dans la vie durant ces années-là. Je savais que je voulais tout faire pour parvenir à voyager avec la musique, mais je voulais aussi que ça fasse bouger des atomes, que ça fasse réfléchir les gens, ou du moins que ça les touche. Que ça touche le peuple, les amis, les gens avec qui je travaillais, les sans-abris sympas qui s’arrêtaient quand je jouais pour des sous dans la rue. Je prenais part à « l’hyperfestivité » autant qu’aux cercles de discussion de bas-fonds avec comme seul repère ma guitare dans mon dos. Même si j’ai toujours été intimidé par les grosses foules. Chanter devant celles-ci c’était un peu le paradoxe ultime étant donné ma nature timide. Il fallait donc que je chante des choses que je sentais qui n’était pas encore dites, pour être sûr de pas tomber dans une craque. J’ai utilisé la musique pour faire part de mes frustrations et plaisirs et j’ai réussis à toucher le X dans certaines personnes. Ce X je crois que c’est la conscience. Mais je voulais parler à l’inconscient aussi. Il fallait que ce soit libre d’interprétation. Je crois que ça c’est le rôle de l’Art. Ces mots se devaient d’être nécessaires, inspirants, élévateurs, transcendantaux, choisis et placés… Il fallait que ça parle à la société. Du coup il fallait que ça parle de la société. Du moins celle qui comprend mes mots et le jeu que je fais avec ceux-ci. Ces deux chansons-là ont été faites avec mes tripes au meilleur de mes capacités de l’époque, là je les ai produites avec un peu plus d’électricité.

CISM : Combien de fois quelqu’un a pensé que MON DOUX SAIGNEUR c’était un band black metal?
MON DOUX SAIGNEUR : Jamais personne a cru ça. En tout cas pas à ma croyance.

CISM : Pis c’est quoi ton band black metal préféré, d’ailleurs?
MON DOUX SAIGNEUR : J’aime le metal quand il est lent et que les amplis de guitare sont de compagnies anglaises.

CISM : C’est quoi le genre musical de MON DOUX SAIGNEUR, sinon, selon toi? Selon d’autres?
MON DOUX SAIGNEUR : Ça part d’un jam de blues qu’on étire avec du solvant pour qu’il soit plus digeste.

CISM : As-tu un sujet de prédilection? Si oui, c’est quoi / sinon, pourquoi pas, t’sais?
MON DOUX SAIGNEUR : Je suis un peu méta. Je peux décrire des émotions communes. J’aime parler de relations interpersonnelles. J’aime utiliser le point de vue d’un oiseau ou d’une roche. Mes doigts font la guitare et ça tapisse le tout d’une température. Avec les mots j’essaie de transcender le banal. Des fois je m’impose ça. Sortir de mes convictions. Je le propose. Mon sujet de prédilection c’est la prédilection. La prédilection c’est mon sujet.

CISM : C’est quoi le meilleur pire commentaire qu’on t’ait fait?
MON DOUX SAIGNEUR : On nous dit souvent qu’on sonne comme un vieux band. Un band de vieux.

CISM : C’est quoi la plus grande question qu’une chanson pop ait posée/soulevée?
MON DOUX SAIGNEUR : Pour moi Kendrick Lamar surplombe Lennon, Marley et Dylan avec des lignes comme : « Love's gonna get you killed / But pride’s gonna be the death of you and me ». Ou juste d’avoir un refrain qui dit : « Sit, down. Be Humble » ça fait du bien. Les Beatles parlaient de méditation aussi faut dire. Marley c’était « One love ». Dylan c’était « Don’t think twice ».

CISM : Le lancement de MON DOUX SAIGNEUR se fait le 7 septembre au Cabaret La Tulipe. Trouve un GIF qui représente comment ça va se passer.
MON DOUX SAIGNEUR : Je sais pas comment ça marche man. Ciao Ben! À bientôt!