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8 septembre 2015

CISM au FMEAT 2015 : compte-rendu turbo (tannant)

Donavan Lauzon des Turbo Tannants s'est rendu au Festival de Musique Émergente en Abitibi-Témiscamingue pour nous. Pour vous aussi un petit peu. Entre découvertes, coups de coeur et besoin d'électrolytes : son compte-rendu.

J’aimerais vous parler de mon périple en Abitibi, là où les moyens de transport ont cessé d’évoluer en 2005. En effet, avec tous les pick-ups jackés, les voitures modifiées, je me croyais dans le St-Eustache de mon adolescence. J’aimerais aussi offrir une mention spéciale aux gens en roller-blades et en BMX qui sont encore légion dans la capitale du cuivre. Même si les Abitibiens ne suivent pas les dernières tendances en matière de locomotion, je ne peux que souligner l’accueil exceptionnel que l’on a reçu. Les nombreux bénévoles et les employés des divers commerces étaient hyper chaleureux et visiblement contents de nous voir chez eux. Même les chauffeurs de taxi étaient sympathiques, c’est pas peu dire. Ils avaient tous un petit sourire en coin quand on leur disait que c’était notre première expérience.

On a le FME qu’on mérite
Aussitôt arrivés, on nous a mis une bière dans la main. Ça donnait le ton à ce festival où il est assez facile de déraper. Selon les dires de nos compatriotes de bus, ça peut être assez exigeant pour le foie le FME. Il fallait donc revenir aux règles de base pour éviter la gueule de bois: boire beaucoup d’eau, quelques ibuprofènes avant le dodo et le lendemain matin des électrolytes et de la bouffe grasse pour faire passer le mal de crâne. Il faut dire qu’il y a quelques incitatifs à boire. La bière Boréale est vraiment pas chère et l’est encore moins si on paye avec le système cashless (qui fonctionnait merveilleusement bien). N’ayez crainte de vous faire interpeler par un policier : je n’en ai pas vu un débarquer de son véhicule. Ça donne beaucoup plus de lattitude! Aussi, les drinks doubles étaient un dollar de plus que les drinks simples : pas étonnant que, dès le vendredi matin, la pharmacie était en pénurie de Gatorade. Ceci explique cela. 

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Jour 1 – un jeudi ben électro
Le band montréalais Syzzors a parti le bal sur la scène extérieure en jouant l’intégral de leur mini-album Leo. La chanteuse Raphaëlle Chouinard avait l’air particulièrement en forme. Ça s’est poursuivi avec le torontois d’origine Airick Woodhead aka Doldrums qui était accompagné d’un percussionniste pour pousser des pièces  de son dernier album. Mes attentes étaient élevées et furent comblées. Le rendu live est vraiment impressionnant : une voix aigüe et altérée sur un fond d’électro-psychédélique. La soirée s’est terminée avec Ariane Moffatt qui, à ma grande surprise, a pris une solide tangente électro dans les dernières années. Le spectacle était franchement réussi, j’ai été assez impressionné. La foule était très locale et complètement conquise. Je vais peut-être même me remettre à en écouter.

Jour 2 – Rock & Rouyn
Philippe Brach profitait du micro-buzz FME pour lancer son album Portrait de famine à La Légion, une petite salle qui était bondée pour l’occasion. Il était accompagné entre autres par Louis-Jean Cormier qui co-signe la réalisation de l’album. C’était un spectacle rempli d’authenticité, de répartie et d’humour que nous a livré le Saguenéen. Il a un pas pire talent pour raconter des histoires et entraîner une foule. Bien hâte de voir sa rentrée montréalaise. 

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La soirée s’est poursuivie au Petit Théâtre avec Ponctuation et Duchess Says, spectacles présentés par CISM. Les frères Chiasson ont vraiment bien réveillé la foule avec leur rock garage.  La troupe menée par Annie-Claude Deschênes, véritable vedette du FME, a répondu aux attentes des festivaliers avec une performance déjantée où tout était possible. « Faites ce que vous voulez avec moé », lança la duchesse avant de se garocher en body surfing dans la foule. 

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Ma soirée s’est terminé au Bar le Diable Rond où les Fleshtones, un vieux band new-yorkais de garage rock, donnait une énergique prestation. Ces gars-là ne sont jamais sortis des années 70 et ça a donné lieu à une épique performance. Pas sûr qu’ils soient tous encore capable de bander, mais ils savent faire lever un party en tout cas. C’est le genre de grand-père que tu voudrais avoir. 

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Jour 3 Des découvertes en veux-tu, en vlà
La journée commençait tôt (15h00 c’est tôt au FME). Le groupe Hologramme présentait leur album homonyme sorti plus tôt cette année. La troupe présentait un matériel fort intéressant et aurait clairement pu intéresser un public plus large que celui qui était présent. Les amateurs de Misteur Valaire seront automatiquement conquis.

Vers les 17h00, le français Louis Warynski alias Chapelier Fou donnait une première représentation dans un petit café. Accompagné de trois autres musiciens, ils composent un savant mélange d’électronique et d’acoustique. Les longues pièces instrumentales alliant violons et séquenceurs donnent un résultat très émotif. 

Le spectacle de Jeanne Added à l’Agora des Arts était envoutant, une femme et toute une voix. La Fabrique Culturelle a fait un enregistrement de la pièce Look At Them dans une petite ruelle. Ça donne une bonne idée du spectacle.

Finalement, tard en soirée, Das mörtal nous ramenait en 2010 avec une dose d’électro pure et dure. Les visuels imprégnés de la culture populaire et de la culture geek rajoutaient à l’expérience : Street Fighter vs Éric Lapointe vs Akira. Les amateurs de GIFs étaient servis.

Jour 4 La douce mort et lente du festival
Dimanche après-midi, la ville est déserte. Tout est fermé à Rouyn les dimanches. Plusieurs festivaliers avaient déjà quitté pour retourner à Montréal. Finalement, en soirée, on s’est rendu compte que tout le monde n’était pas parti.

Parmi les quelques spectacles folk vus en soirée, je ne soulignerai que celui de Safia Nolin qui présentait des pièces de Limoilou, son album à paraître très prochainement. Il y a beaucoup de hype autour de l’auteure-compositeure-interprète de 23 ans. Ses pièces plus qu’émotives étaient entrecoupées de rires nerveux. Gageons qu’elle saura en séduire plus d’un. Elle était accompagnée sur scène par le guitariste Joseph Marchand, aussi membre de Forêt.

Le festival s’est conclu sur une excellente note pour ma part : Kid Koala offrait un DJ set sur vinyles seulement. Il n’avait pas d’ordinateur ni d’écouteurs, seulement 3 tables tournantes et un gros paquet de 45 tours. C’était une véritable leçon de DJing. On passait par des classiques de rap, au rock, au grime en passant par du house. Kid Koala a l’habitude de faire jouer une pièce locale dans chaque spectacle. Ne sachant pas vraiment quoi faire durant son spectacle de Rouyn, il s’est laissé guider par Antoine Bordeleau, collaborateur au VOIR, qui l’a reçu en entreveue la semaine dernière. Ce dernier s’est arrangé pour obtenir le classique La Bitt À Tibi de Raoul Duguay. Ce fut un moment d’anthologie.

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C’est cool le FME

C’était ben le fun Rouyn. Il a fait beau, je me suis baigné, j’ai fait du vélo, je me suis fait des nouveaux amis, j’ai découvert plein d’artistes que je ne connaissais pas pis j’ai mangé de la poutine comme il ne s’en fait pas ailleurs. J’aurais pu faire un article complet sur le restaurant chez Morasse. Les gens qui gèrent ce casse-croûte là ont vraiment compris quelque chose.

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Le FME est peut-être pas un si gros festival, mais c’est fou à quel point il fait parler de lui. L’organisation est vraiment sur la grosse king coche. J’ai tellement été bien traité, j’en étais parfois gêné. J’ai l’impression que le festival a un impact réel sur cette région et que les habitants du coin s’en sont rendus compte. C’est exactement ce genre d’initiatives, de rassemblement qui offrent du rayonnement pour les régions éloignées des grands centres.

C’est quand même une idée folle que de prendre une ville en otage pour y produire un paquet de spectacles qui ne cadrent pas nécessairement avec la population locale et de miser sur la visite de touristes et de médias urbains pour promouvoir la chose. Le pari semble avoir été remporté il y a quelques années et j’espère pouvoir retourner dans ce coin de pays pour revivre l’expérience du festival de musique émergente de l’Abitibi-Témiscamingue. Un immense bravo/merci à toute l’équipe derrière le FME!