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4 mai 2016

Bernhari : son deuxième album Île Jésus en écoute exclusive

ÎLE JÉSUS, le deuxième album de Bernhari : ton CISM t’en offre l’écoute intégrale en exclusivité. Le voilà qui est sensationnel. Pour en bonifier l’écoute et mieux comprendre, nous avons posé les bonnes questions.

CISM : Allo Bernhari on va commencer par le début ok. Ton premier album est paru il y a même pas deux ans. Il avait été fortement marqué par les révoltes étudiantes et sociales du printemps 2012. Qu’est-ce qui a nourri Île Jésus, pour que tu puisses le produire si rapidement?
BERNHARI : L'élan, la nécessité de poursuivre le dialogue entamé. J'avais le besoin de me retrouver rapidement en studio. C'est un endroit où je me sens à l'aise de fonctionner et qui, parce qu'il est confrontant, me permet d'évoluer.

CISM : Et est-ce que, pareillement à Bernhari, l’album est doté d’une trame narrative?
BERNHARI : C'est davantage un état, un décor au sein d'un non-lieu, qu'une trame narrative qui se dégage. La trame narrative est présente oui, mais moins en avant-plan que sur le premier album.  Maintenant, à chacun de s'en faire une idée, c'est mieux ainsi.

CISM : Est-ce que c’est juste de dire que Bernhari explorait l’amour à travers le romantisme social, alors qu’Île Jésus le fait plus classiquement à travers la romance personnelle post-moderne?
BERNHARI : Classiquement je ne crois pas, mais oui certainement, il y a dans tout ça un dialogue entre le rapport au lieu et un rapport à l'autre. Ça se traduit à travers des protagonistes qui évoluent ensemble, en micro société, dans une époque en redéfinition de l'essence même de ce que représente l'engagement, autant social, qu'amoureux.

CISM : Sans vendre le punch, comment représenterais-tu ladite Île Jésus?
BERNHARI : Dans les bras de Ville-Marie, avec des kilomètres carrés de bitume et d'espaces vides.

CISM : On note un tournant plus pop fort appréciable sur Île Jésus, une facette rêveuse rétro plus polie. Comment s’est amorcée cette courbe?
BERNHARI : C'est la suite d'un album avec une charge émotive dense et une pulsion revendicatrice qui étaient liées au contexte social de l'époque. Ce deuxième album est lié au premier album en ce qui s'apparente pour moi au calme après une grande agitation.  Avec quelques spasmes avant le calme absolu. Un moment d'étrangeté qui se traduisait musicalement par l'utilisation de synthétiseurs comme dans une pièce de Badalamenti. On a épuré l'ensemble, laissé plus de place à la voix et à la section rythmique, joué avec les limites de ce qui s'approche de certains stéréotypes en musique et redéfini la position des guitares dans les arrangements.

CISM : Avant la sortie de Bernhari, et pendant les premiers temps de sa promotion, tu t’étais montré très discret, médiatiquement. Tu sembles désormais plus à l’aise. Comment s’est opérée cette transition?
BERNHARI : Je ne suis pas plus à l'aise avec tout ça. J'aime rencontrer les gens, discuter face à face, échanger. Mais tout ce qui s'apparente à l'autopromotion, au rapport à l'image, aux réseaux sociaux, m'agace vraiment. Il ne passe pas une journée sans que j'y pense. Les artistes d'aujourd'hui doivent négocier avec cette réalité nouvelle, un univers où il me semble limite déplacé de mettre sa personnalité de l'avant. Je préfère la retenue, et mettre la musique en avant plan. Je vis mieux avec ça. Difficile combat à mener quand, parallèlement à tout ça, tu aimerais faire connaitre ta musique à un plus grand nombre.

CISM : Parallèlement, as-tu préparé une réplique pour les médias québécocentristes qui te compareront désormais à Jimmy Hunt?
BERNHARI : C'est quelque chose que j'ai parfois lu sans toutefois y voir autre corrélation que le fait d'évoluer aussi avec Emmanuel Éthier comme réalisateur. Jimmy est un ami, c'est aussi un artiste que je respecte énormément, qui devrait être plus entendu, et pas seulement au Québec, mais nous écrivons et composons chacun bien différemment.

CISM : Bernhari avait été enregistré au feu studio Victor. Le présent album a quant à lui été produit dans un local de pratique. Quelles sont les raisons derrière ça?
BERNHARI : C'est une décision plutôt instinctive. Nous nous sentions bien dans cet espace pour faire exister l'univers de cet album. Ce fut aussi un choix qui, au final, nous permettait une plus grande liberté de temps. Étant donné l'abondance de concerts, c'était simple d'évoluer directement à partir du local de répétition et de pouvoir rapidement se remettre au travail.

CISM : Quel artiste aimes-tu, pis que personne pourrait s’en douter, vue la musique que tu fais?
BERNHARI : Ivo Dimchev

CISM : C’est quoi le meilleur pire commentaire qu’on t’ait fait par rapport au premier album?
BERNHARI : On entend pas c'que tu dis.

CISM : Le lancement d’île Jésus se fait le 6 mai à Montréal dans un endroit qui sera annoncé le jour même. Trouve un GIF qui représente la mystérieuse beauté qui émanera de l’endroit cette soirée-là.
BERNHARI :