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20 septembre 2017

Antoine93 : son premier album Destination Unknown en écoute exclusive

DESTINATION UNKNOWN, le 1er album de ANTOINE93: ton CISM t’en offre l’écoute intégrale en exclusivité avant sa sortie le 22 septembre. Le voilà qui est sensationnel. Pour en bonifier l’écoute et mieux comprendre, nous avons posé les bonnes questions.

CISM : Allo ANTOINE93 on va commencer par le début ok. Tu t’es d’abord fait connaître avec l’électro exploratoire de Dresden Dresses, puis, en 2014, tu te dévoilais en tant qu’ANTOINE93 via la pop de l’EP Maybe Unlock My Heart. Qu’est-ce qui t’a porté vers la pop et ce changement d’alias?
ANTOINE93: J'ai toujours été porté vers la pop. Je pense que c'est plus avec Antoine93 que j'ai commencé à assumer cette obsession pour la pop. J'ai changé le nom pour faire une coupure nette avec le matériel précédent. Je voulais un nom simple et personnel qui reflète aussi ma génération. Pour être franc, je crois que ma musique en tant que Dresden Dresses était plus expérimentale parce que j'étais pas capable de synthétiser mes idées et arriver à quelque chose de simple et structuré. C'est pas nécessairement mauvais d'expérimenter et de laisser place à l'erreur, mais je trouve que c'est un exercice beaucoup plus complexe et intéressant d'essayer de comprendre la formule pop. Et là, mes « skills » de production et de composition sont plus élevés, donc je suis capable de le faire. C'est tout.

CISM : DESTINATION UNKNOWN a été enregistré entre Montréal, Berlin et Los Angeles de 2015 à 2017 – est-ce qu’on retrouve des reflets de ces villes et du passage de ces 2 années quelque peu nomades sur le disque?
ANTOINE93: C'est certain que peut importe oà je vais, je fais des rencontres que je ne ferais pas ailleurs et qui influencent ma musique. Je dirais que Berlin, Montréal et L.A. n'ont pas influencé le son autant que les thèmes de l'album. J'ai écris Bye à propos de quelqu'un que j'ai dû quitter lorsque je partais pour Berlin. Still Alive parle de mon retour à Montréal, quand j'étais cassé et j'ai dû appliquer pour l'aide sociale. Disons qu'il y a des hauts et des bas à déménager d'une ville à l'autre comme ça. Faut être prêt à sacrifier son confort. L'album, finalement, c'était comme mon défouloir pendant les deux dernières années pour exprimer mes insécurités et mes doutes.

CISM: Jase-nous de tes collaborateurs sur DESTINATION UNKNOWN: Brad Loughead (Each Other, Homeshake et Nap Eyes), Sean Nicholas Savage et Pascale Mercier (Pascale Project).
ANTOINE93: Brad a vraiment influencé le son de l'album. C'est venu vers la fin. J'ai décidé de refaire certaines chansons (Destination Unknown, Take Over The World, Party Problem) et d'y ajouter de la guitare. Comme je connais rien à la musique de guitare et tout ça et que j'ai jamais vraiment trippé là-dessus, je pense que j'avais vraiment aucune barrière stylistique. Des fois je lui disais : « Là, je veux que ça sonne comme Santana. Là, donne-moi un riff vraiment cheap dad rock ». Bref, je suis vraiment content de l'avoir eu comme ressource à mes côtés.
Avec Sean, c'était aussi vraiment informel. Mais en même temps, tellement formatif. Il est venu chez moi à Berlin un après-midi (ça doit faire près de deux ans) et je lui ai montré un truc sur lequel je travaillais (Take Over The World). À ce moment-là, ça sonnait comme une ballade des Backstreet Boys. Je trouvais que le côté triomphant de la chanson se prêtait vraiment à un duo. Un peu comparable à quand Céline a sorti Sous Le Vent avec Garou. Bref, on s'est assis et on a retravaillé les paroles, il a écrit un couplet et on a enregistré ça. (Spoiler : J'ai gardé ses prises de voix originales mais j'ai dû refaire les miennes comme deux fois pour lui arriver à la cheville! Haha.)
Et Pascale, ben c'est ma coloc et meilleure amie depuis le secondaire. C'est vraiment drôle, parce que dans le temps de Dresden Dresses, notre musique était beaucoup plus similaire. Là, on a pris deux chemins complètement différents (elle plus house, moi plus radio-pop) qui nous ressemblent beaucoup plus. Ça nous empêche pas de collaborer. Elle fait des back-vocals et des Ad Lib sur Still Alive et Dance Inside Of Me. Ça fait du bien d'avoir une voix féminine sur mes tracks.

CISM : C’est quoi le genre musical de ANTOINE93, selon toi? Selon d’autres?
ANTOINE93: Moi, je ne me pose plus trop cette question-là. J'appelle ça pop, ça me satisfait. Je me contente de faire de la musique qui est entraînante, vraie et à laquelle les gens peuvent s'identifier. Après, si les gens veulent appeler ça queer-electro-dance-pop c'est pas de mes affaires.

CISM : As-tu un sujet de prédilection? Si oui, c’est quoi / sinon, pourquoi pas, t’sais?
ANTOINE93: Ça finit toujours un peu par être comme un journal intime! Haha. Je parle de ce que je vis. Je me rends compte que j'écris pas mal à propos du fait d'être pauvre et de devoir tout faire moi-même. Ça m'affecte vraiment, parce que ça limite ma vision, de pas avoir les moyens ou l'équipe pour mettre mes idées à exécution. Je sais qu'il y en a qui vont dire que l'argent, ça freine la créativité, mais crime que j'aimerais ça être capable de donner un cachet décent à mon directeur photo pour un vidéo (par exemple).
Le « statement » de l'album, si on veut, ça se résume à : « Je sais pas où tout ça va me mener, si j'ai pris les bonnes décisions, mais je continue à aller de l'avant et j'y vais en courant ».
C'est ça pour moi Destination Unknown.

CISM : C’est quoi le meilleur pire commentaire qu’on t’ait fait?
ANTOINE93: Que je faisais de la pop ironique. C'est pas le meilleur pire commentaire, c'est le pire, tout simplement. J'emprunte à d'autres genres, d'autres époques, parfois je fais des choix stylistiques qui font sourire, sure. Mais de dire que je fais dans l'ironie, c'est comme réduire mon travail à une joke. Quand tu t'ouvres, sans filtre, comme je le fais dans mes chansons, et que tu dédies toute ton énergie à ton projet, c'est dommage de se faire dire ça. Mais je pense que certains voient encore la pop comme un plaisir coupable [eyeroll emoji].

CISM : C’est quoi la plus grande question qu’une chanson pop ait posée/soulevée?
ANTOINE93: Je crois que la plus grande question a récemment été soulevée non pas par une chanson en particulier, mais par une nouvelle génération de producteurs (SOPHIE, Bloodpop, Danny L Harle, etc.). Qu'on aime leur esthétique ou pas, ils se sont tous posé la question : « Comment est-ce qu'on arrive à influencer et à changer drastiquement le son (et la structure) de la musique commerciale actuelle? » Ils y ont tous répondu à leur façon. Je crois qu'un des éléments nécessaires pour y parvenir, c'est d'avoir une vision forte et de ne jamais la compromettre. Bon, j'ai un peu dévié de la question... mon autre réponse c'est Max Martin. Il s'est demandé comment faire pour inclure un son de pet dans une de ses chansons sans qu'on s'en aperçoive. Et il a très bien répondu à la question : http://www.billboard.com/articles/columns/pop/7898099/backstreet-boys-the-call-max-martin-howie-dorough-fart-story

CISM : Le lancement de DESTINATION UNKNOWN se fait ce vendredi 22 septembre au Belmont avec Deadboy, Cyber et Brad Dj. Trouve un GIF qui représente comment ça va se passer.
ANTOINE93