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17 December 2018

Revue de l'année 2018 : Rock/Loud

2018 c'était une bataille, c'était une promesse, tout le temps. Ici, le meilleur du meilleur tout le temps de l'année, selon nos émissions rock/indie/loud : Les Criquets crinquésLa Courbe 2.0Le cours de math et Rock migratoire

Jean-François Rioux / Les Criquets crinqués

1. Molly BurchFirst Flower : Une perle musicale, de belles chansons pop qui passent absolument partout. 

2. IDLES - Joy As An Act Of Resistance. : Sans doute un des meilleurs bands live de 2018 et un des bons disques qui brassent. 

3. MudhoneyDigital Garbage : Les immortels du grunge de retour en force avec un album fidèle à eux-mêmes, provocant et bien sale. 

4. PapercutsParallel Universe Blues : Pop mélancolique et mélodique, doux et frais. 

5. The City GatesForever Orbiter : Un des groupes shoegaze à surveriller dans les prochaines années! Pour les fans de My Bloody Valentine et Slowdive

6. Jesuslesfilles - Daniel : Sans aucun doute le meilleur disque rock francophone en 2018. Une explosion de folie et de mélodies.

 

Mathieu St-Jean / La Courbe 2.0

Oh Sees - Smote Reverser (Castle Face) : John Dwyer peut bien changer le nom de son projet tous les trois mois, les standards de qualité, eux, restent les mêmes. Il ne faut pas se laisser berner par la pochette les ami(e)s. Non, il ne s'agit pas d'un album posthume de Dio, mais plutôt d'une virée psyche/kraut/prog d'un autre infatigable artisan de la scène musicale de San Francisco. 

Spiritualized - And Nothing Hurt (Fat Possum) : L'Anglais Jason Pierce n'est peut-être pas aussi prolifique que John Dwyer et sa bande, mais les longues périodes d'attente qu'il nous impose - 6 ans depuis la parution du somptueux Sweet Heart Sweet Light - sont toujours hautement récompensées lorsqu'il se décide finalement à revenir se faufiler dans nos précieuses oreilles. On y plonge sans retenue, puisqu'il pourrait s'agir du dernier voyage en espace de notre astronaute en chef. 

Amen Dunes - Freedom (Sacred Bones Records) : Avec sa cinquième tentative, Damon McMahon a enfin réussi à amener ses compositions folk/rock personnelles à une autre niveau. La présence de Chris Coady, réalisateur d'une grande partie du catalogue de Beach House, peut en partie justifier cette mutation. Un revirement musical qui, souhaitons-le, laissera des traces profondes pour la suite des choses.  

Low - Double Negative (Sub Pop) : Le trio du Minnesota est frappé par une impressionnante saturation créative depuis son détour dans les studios de Jeff Tweedy en 2013. Sur sa douzième proposition, Low poursuit ses explorations synthétiques aux côtés de BJ Burton - lui, qui était aussi derrière la console pour Ones and Sixes (2015). Minimalisme, tension et retenue sont les termes qui me vagabondent le plus dans l'esprit quand je pense à cet album. Et encore une fois, Mimi Parker vient nous prouver qu'elle pourrait venir nous réciter n'importe quoi et en ressortir les émotions les plus profondes.

Daniel Blumberg - Minus (Mute) : Non, il ne s'agit pas d'un album rock à la Yuck. En fait, il serait presque impossible d’apposer un genre précis à ce premier véritable partage solo de Daniel Blumberg. Élaboré aux côtés de Peter Walsh, collaborateur de longue date de Scott Walker, Minus et ses envolées avant-gardistes nous forcent à traverser des longues périodes de cacophonies et d'explosions free pour pouvoir ensuite bénéficier des courtes apparitions lumineuses de Blumberg derrière son micro. À l'image des illustrations saccadées du songwriter, les lignes directrices peuvent parfois être difficiles à saisir, mais la beauté qui en résulte est immense. La plus grande réussite auditive des derniers mois à mes oreilles. 

 

Eloi Mayano-Vinet + Alexandre Duhamel-Gingras / Le cours de math

5. Murphy Radio - S/T : Plus prêt des envolés en folies de LITE que des mélodies pianotées de Jizue ou des plaintes contretemptées de tide/edit, Murphy Radio s’assure de garder l’Extrême-Orient sur la map math en y ajoutant une nouvelle destination incontournable. 

4. Delta Sleep - Ghost City : Le quatuor du Royaume-Uni est situé parfaitement au milieu du Math, de la Pop et du Post-Rock. Leur nouvel album Ghost City est une expérience immersive qui devient de plus en plus légendaire à chaque écoute.

3. Hoggs Bison - Aeons : Avec une approche typique des années 90 et une production aussi précise qu’actuelle, Hoggs Bison se démarquent aisément de la masse. Leurs rythmiques décalées et coupées au couteau dans une atmosphère maritime glauque rappellent le meilleur de Dianogah ou Dakota/Dakota.

2. Gulfer - Dog Bless : Nos héros locaux du Math font rayonner Montréal sur tous les continents du monde depuis quelques années. Leur album de 2018 est selon nous leur meilleur et le plus varié. Une écoute essentielle pour les fans de paroles émotives et de rythmes rapides.

1. Tiny Moving Parts - Swell : À travers des plaintes cathartiques où s’entremêlent les larmes et la sueur, Tiny Moving Parts se confirment comme les apôtres du happy emo à la sauce punk, qui n’a jamais été mieux représenté qu’avec Caution, l’une des grandes chansons des dernières années. La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste, disait Victor Hugo. Le bonheur d’être triste, c’est d'écouter Tiny Moving Parts.      

 

Charles Smith / Rock migratoire

10. LAME - Alone and alright (Italie, Mars 2018) : Groupe italien versant dans le « garagesque » tantôt tranquille, plus tard plus trash, toujours lo-fi. Avec ces mélodies grinçantes, un album de journée grises, mais efficaces.

9. LÊ ALMEIDA - Amenidades. (Rio de Janeiro, Brésil, Août 2018) : Rockeur solitaire aux méthodes DIY, un genre de Ty Segall brésilien qui n'arrête jamais de produire ses « records » type cassette, et qui parfois nous envoi des albums compilations comme celui-ci, chef d'oeuvre grandiose dans sa simplicité accrocheuse. 

8. BODY TYPE - Body type E.P (Sydney, Australie, Octobre 2018) : Grandes dames de la scène rock sydnéenne, elle nous hameçonnent de leurs « riffs » mélodiques et leurs percussions roulant le rythme comme un virevoltant dans les « outbacks » arides de la plus grande île du monde. 

7. BRAIN TRAPS - Hobo Cobra Action Tacks (Cologne, Allemagne, Avril 2018) : Garage. Lo-Fi. Cologne. Allemagne. Que dire de plus sauf qu'il s'agit là de l'un des meilleurs groupes de garage d'Europe ou même du monde!?! Subjectivité quand tu nous tiens... Pour les fans de King Khan and the BBQ Show de la belle époque. 

6. NAÏVE SET - Naïve Set (Amsterdam, Pays-Bas, Mars 2018) : Ces Néerlandais portent bien leur nom. Un rock naïf, plein de force tranquille. Un peu comme un cri du coeur étouffé dans l'oreiller pour ne pas réveiller la maisonnée. Un album qui bouge sans trop nous essoufler, pouvant bien nous accompagner en toutes circonstances. 

5. Дом Престарелых Аутистов (Sasha Pomogiev) - Хороший Добрый (Russie, Mai 2018) : Le mouton noir de ce palmarès 2018. L'équivalent d'un Chad Vangaalen russe sur les champignons, faisant tout lui-même dans ses univers complètement hors normes. Un héraut du DIY musical russe à la sauce power pop lo-fi, saupoudré de psychédélisme.

4. ANNABEL LEE - Black Pudding E.P. (Bruxelles, Belgique, Novembre 2018) : LE groupe de l'heure de la scène rock garage belge, entraîné par une meneuse de rythme endiablée qui nous trémousse le pas de danse avec chacune des pièces de ce E.P. beaucoup trop court.

3. LAGUNAS MENTALES - Lagunas Mentales (Santiago, Chili, Mai 2018) : Le meilleur album de l'année pour planer sur toutes les autoroutes du monde. Pour accompagner vos road trips de route, ou d'esprit, il s'agit de l'un des plus beaux joyaux musicaux du Chili de 2018. Pour les nostalgiques du psychédélisme des 70's, ajusté au goût du jour.

2. THE BABE RAINBOW Double Rainbow (Byron Bay, Australie, Juillet 2018) : Un des albums les plus complets de ce palmarès, nous faisant passer par toutes les facettes du rock et sa famille élargie: intensités, styles et ryhtmes. Une belle macédoine musicale au goût sucré, pour passer un doux moment sans se blaser des distorsions de l'existence. 

1. ALTIN GÜN - On. (Turquie/Pays-Bas, Mars 2018) : D'un bout à l'autre parfait, il s'agit sans aucun doute du meilleur album de l'année. Le groupe turco-néerlandais se réapproprie les classiques du rock anatolien des années 70 afin de nous offrir un rock ancré dans sa distorsion naturelle et attaché à des rythmiques issues des traditions musicales turcs. Un trésor.