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18 December 2017

Revue de l'année 2017 : Rock/Loud

2017 c'était bien plus qu'une aventure, tout le temps. Ici, le meilleur du meilleur tout le temps de l'année, selon nos émissions rock/indie/loud : Les Criquets crinqués, La Courbe 2.0, Critique de crowd, Le cours de mathNous sommes les rockers, les responsables du mix Punk/Loud et Rock migratoire. Rien que ça!

Jean-François Rioux / Les Criquets crinqués

Mount EerieA Crow Looked At Me
On parle souvent de disque émotif, mais celui-ci bas des records. Ce disque est d’une pureté, d’une beauté, d’une simplicité, et si touchant. Il parle de la mort de sa conjointe, sa muse, une Montréalaise, une grande bédéiste et musicienne : Geneviève Castrée.

VanilleMy grandfather think i’m going to hell
Ça fait longtemps que je n’ai pas eu un kick comme ça sur un band local! Amusant que ce soit des jeunes de 20 ans qui me font redécouvrir la musique indé  des années 90s!

The MolochsAmerica’s Velvet Glory
Une belle surprise ce petit band aux allures rock garage 70s. C’est comme si les White Stripes étaient toujours en vie et bons.

Anders ParkerThe man who fell from earth
Un des plus grands sous-estimés de la musique folk américaine contemporaine. Pensez à Wilco, Son Volt, Sparklehorse, Josh Rouse, Purple Ivy Shadow, Neil Young.

Julie ByrneNot even happiness
La voix la plus douce et sensuelle que j’ai entendue cette année. Mon kick est plus que musical, j’aime cette voix et j’aimerais qu’elle me dise « Bon matin chéri » chaque jour!

 

Mathieu St-Jean / La Courbe 2.0

1. Mount Eerie - A Crow Looked at Me (P.W. Elverum & Sun)
C’est souvent dans les choses les plus vraies que l’on retrouve les plus belles chansons, les plus durables. En exorcisant le décès de sa femme à travers 11 compositions des plus poignantes et personnelles, Phil Elverum s’est offert son partage le plus accessible et délicat à ce jour. Une ultime révérence à la talentueuse Geneviève Castrée. Pour les intéressé(e)s, la récente rencontre d’Elverum avec le toujours empathique Marc Maron se veut un magnifique complément à l’album. 


2. Jarvis Cocker, Chilly Gonzales - Room 29 (Deutsche Grammophon)
Personne n’a jamais remis en question le talent du compositeur montréalais Jason Charles Beck, mais pour ma part, chacune de ses nouvelles parutions me laissait toujours penser qu’il n’avait pas encore trouvé le bon collaborateur pour transposer sa folie et la richesse de son jeu en paroles. Dès les premières notes de ce cycle de composition portant sur les allées et venues de la suite 29 du célèbre Château Marmont, on constate que la rencontre de ces deux maîtres du kitsch/bon goût était inévitable. L’ex-meneur de Pulp, Jarvis Cocker, se voulait finalement celui, qui par son phrasé imagé et sa présence toute calculée, aura saisi toute la subtilité du doigté de son comparse et aura su l’amener à bon port.  


3. Land of Talk - Life After Youth (Saddle Creek) 
L’album que l’on avait totalement cessé d’espérer. En tant qu’admirateur des toutes premières heures, juste l’idée de savoir qu’Elizabeth Powell nous proposerait du nouveau matériel, lui assurait presqu’une place parmi mes détours auditifs indispensables des derniers mois. D’y reconnaître, à chaque nouvelle écoute, que le sentiment d’urgence qui ponctuait Some Are Lakes est de retour et que de nouvelles avenues sonores y sont exploitées de façon convaincante, ne font que confirmer la place de ce LP parmi mes chouchous de 2017.


4. Charly Bliss - Guppy (Barsuk Records)
Du gros jujube alt-rock très 90’s qui nous reste collé bien profondément dans les oreilles et qui refuse d’en ressortir. Le quatuor de Brooklyn ne réinvente rien, mais se veut beaucoup plus qu’une simple copie d’un son qui régnait sur les charts, il y a maintenant deux décennies. Et la voix nasillarde d’Eva Hendricks, qui pourrait en agresser plus d’un(e), ne cesse de charmer mes tympans. 


5. Guided By Voices - August by Cake (Rockathon)
Ceux et celles qui écoutent La Courbe depuis ses tout débuts, connaissent fort probablement mon admiration/obsession pour Robert Pollard – peut-être le plus grand mélodiste du rock indépendant américain. 100e complet enregistré par Pollard, August by Cake se veut aussi sa première proposition double. 32 nouvelles compositions et un peu plus d’une heure de rock lo-fi mélodique et sans trop de compromis. Rien de nouveau du côté de Dayton et c’est exactement ce que mes écouteurs souhaitaient. Encore une fois, je me prosterne devant vous M. Pollard! 

 

Jolène Ruest / Critique de crowd

The Black Dahlia MurderNightbringers
Suffocation, Morbid Angel, Obituary, Immolation ont sorti des albums cette année… pis à place, je mets The Black Dahlia Murder dans mon top. Biaisée, vous dites ? Complètement. Je suis fan. Mais, j’avais slacké sur BDM jusqu’à Nightbringers. Ça ravivé ma flamme au point de réécouter dans la même journée toute leur discographie en ordre chronologique incluant leur démo pis leur EP grindcore Grind Em’ All. Créer une dépendance et curiosité aussi fortes, pour moi, ça prouve toute l’efficacité de cet album.


Employed to ServeThe Warmth Of A Dying Sun
Y a des jours où je remercie les algorithmes, l’option vidéo en continu de YouTube pis la section « artiste similaire » sur Spotify. C’est en écoutant du Rolo Tomassi, et en attendant avec impatience leur prochain album qui sortira en 2018, que j’ai découvert The Warmth Of A Dying Sun. Du post-hardcore incisif, une gueuleuse merveilleuse. De quoi être comblée. 


BombpopsFear of Missing Out
La première fois que j’ai entendu CA in July, je n’aurais jamais cru que l’album était sorti cette année : je me sentais en Californie deux décennies plus tôt. Du pop skate punk mélodique qui donne le goût de manger de la barbe à papa, sauter partout, s’prendre pour des tannants jusqu’à s’péter la margoulette. Juste un peu. Pas trop. Pas en sang comme Ryan McKenney durant la tournée de Crown Feral, mettons. 


Comeback KidOutsider
You’re Not You Anymore de Counterparts, me semble que j’aurais voulu le mettre dans mon top. Mais, je l’ai pas assez écouté. La vérité, c’est qu’après le Desbouleauxfest, j’étais trop occupée à écouter en loop Infinite Punishment de Get The Shot et trépigner d’impatience à la sortie de Outsider de Comeback Kid. Sur Surrender Control, je voudrais faire partie du chœur pour entonner « Controoool ». Parce que c’est ça du bon hardcore : Tu te vois déjà en show en train de te donner un swing pour escalader l’top de la montagne humaine devant la scène pour chanter, le poing en l’air, dans le micro.


Avec le soleil sortant de sa bouchePas pire pop [I love you so much]
J’avais vu le groupe à l’église Saint-Enfant-de-Jésus du Mile-End durant le Psychfest. Un band incroyable, envoûtant en spectacle. Mais, c’est en m’achetant le vinyle après une game de balle molle au mois de juillet que cet album a conquis mon cœur et a monopolisé les haut-parleurs de mon salon. Un album, à l’image du nom du groupe : rayonnant.


… et un p’tit mot sur The Dusk In Us de Converge et Hostage Animal de All Pigs Must Die : entre un classique et un superband, j’hésitais trop. Mais, leurs récents albums respectifs valent l’écoute. Et la réécoute. 

 

Eloi Mayano-Vinet + Alexandre Duhamel-Gingras / Le cours de math

Eloi

1. Tera Melos - Trash Generator
Trash Generator voit Tera Melos continuer d’explorer le sillon creusé par l’excellent X’ed Out en 2013. Mené par le jeu de guitare au renouvellement incessant de Nick Reinhart, Le résultat est une offrande plus accessible, mais tout aussi jouissive que ce que le trio californien nous a offert à l’époque de Patagonian Rats.


2. Good Games - Don’t Blow It.
En seulement 3 chansons, Good Games se sont emparés du grand vide laissé par le hiatus de Speed of Sound in Seawater depuis 2013. Irrésistible dès la première écoute, il ne m’a pas lassé de l’année.


3. Golf! - Golf!
Trésor le mieux caché de l’Arizona, Golf! combine la technique fine et précise de Rooftops avec la mélancolie de Joan of arc, grâce au jeu magnifique de Matt Hotez (trombone) et Mike Castro (trompette). Il en résulte une vingtaine de minutes de nostalgie polyrythmique de haut calibre qui nous rappelle combien la retenue d’un EP peu parfois être beaucoup plus payante que l’épanchement inutile d’un long jeu inégal.


4. Just Neighbors - Being where I thought I’d be
Reconnu pour leurs mélodies instrumentales mélancoliques puissantes, Just Neighbors se démarquent avec un 2e album en 16 mois qui peaufine magnifiquement l’approche du premier. L’apogée se trouve sur la pièce Sometimes, I See Colors Too, qui nous laisse espérer de plus en plus de vocal dans les compositions du groupe floridien.


5. Incendios Forestales del Viejo Continente - Principios Y Fundamentos De La Fauna Moderna
Rare sont les semaines où une nouvelle sortie ne nous arrive pas de l’Amérique du Sud, sans doute là où la scène math-rock est la plus florissante et intéressant avec l’Asie du sud-est. Incendios Forestales del Viejo Continente (anciennement IFDVC) présente une maîtrise technique parfaite et un soupçon de screamo qui plaira aux fans de Gulfer ou Auto!Automatic!!.

Alex

1- Minus The BearVOIDS
Les légendes du Math Pop reviennent après une pause et un changement de batteur pour livrer un album extrêmement constant remplis de vers d’oreille.


2- MarateckTime Is Over
Quatuor New Yorkais utilisant une approche jazz, ils ont enregistré un album pour les fans des belles années de Don Caballero. Une belle découverte!


3- Tera MelosTrash Generator
Pédales d’effet, batterie sur la cocaïne et une touche d’humour. Trash Generator est de loin mon favori du groupe qui a déjà plusieurs albums derrière la cravate.


4- PrawnRun
Prawn nous ont déjàintrigué dans le passé avec leur mariage de post-rock et de math rock. L’album Run contient les meilleures lignes de bass que le groupe aient jamais enregistrées et c’est donc opération séduction réussie dans mon cas.


5- VasudevaNo Clearance
Un autre groupe plaisant autant aux fans de math que de post. Une superbe album paru tôt dans l’année et qui m’a suivi. Le défaut du groupe, ils n’ont pas de bassiste live. Je veux dire. Come on ;)

 

Romanne Blouin / Nous sommes les rockers

Amyl & The Sniffers - Big Attraction
Un savant mélange de glam rock de 70s punk qui sonne comme les Runaways sur le speed. MA-LA-DE.


The Rubs - Impossible Dream (Hozac Records)
Des grosses tounes pop de qualité pour les fans de Nick Lowe, Wreckless Eric et du early Elvis Costello. 


First Base - Not That Bad (Drunken Sailor Records)
Les maîtres canadiens de la power pop rappliquent avec un superbe album qui s'écoute aussi bien quand vous êtes nostalgiques des moments passés avec votre ex que lorsque vous avez envie de faire le party. 


The Cowboys - The Cowboys (3rd LP) (Hozac Records)
Le meilleur album des Cowboys à ce jour! Mention spéciale à la voix de crooner du chanteur qui saura plaire à votre mère autant qu'à vous! 


Barry Paquin Roberge - Voyage Massage (Costume Records)
L'album de Soft-Yacht-Rock-Disco qu'on attendait tous. 

 

Étienne Galarneau / Mix Punk/Loud

5) Ordos - House of the Dead
Personnellement, le stoner, je trouve ça un peu cliché. Quand tu le filtres avec du doom, ça passe vraiment mieux. C'est ce que Ordos a compris, ou du moins réussit à nous faire croire. Les growls sont à point, les tonalités de guitares sont poisseuses, il y a des possibilités de headbang à gogo. Non, mais ils l'ont tu l'affaire les Suédois.


4) Iron Reagan - Crossover Ministry
Du bon hardcore-thrash nono. On peut être saturé rapidement, mais avec modération, c'est savoureux. Merci à Richmond, Virginie pour le beau cadeau.


3) Show of Bedlam - Transfiguration
J'ai quand même de la misère avec mon metal extrême trop rapide. Les excès de virtuosité, la plupart du temps, ça me donne l'impression que c'est contre la volonté cathartique de ma musique de pouèl. Ça doit être pour ça que j'ai tant accroché sur le plus récent opus de Show of Bedlam. En jouant dans les tempos lents, le groupe prends son temps pour explorer les spectres de son. Prends du coldwave, ajoutes-y des masses sonores qui se rapprochent presque de Penderecki et ça donne Blue Lotus, la pièce d'ouverture. Puis, rappelle-toi qu'il en reste huit. Doux souvenirs d'automne en perspective.


2) BIG | BRAVE - Ardor
On peut être fiers de savoir que le Québec brille en sludge et en doom. En seulement trois pièces, BIG | BRAVE nous font parcourir un panorama riche et diversifié des différentes formes de noirceurs et de lumière. On est extatiques, on est émus, on s'engouffre. Ça fait du bien par là où ça passe.


1) Converge - The Dusk In Us
Fuyez le naturel et il revient au galop, comme on dit. Ça serait facile de mettre de côté Converge, vu qu'ils sont visibles, ils sont connus, ils ont déçu certaines personnes après Jane Doe. Sauf que ce dernier opus du quatuor bostonnais étonne. Par sa longueur. Par sa fougue. Par son aplomb. Un incontournable pour les fans de post-hardcore, ou du moins pour celles et ceux qui veulent s'y essayer (parce qu'on ne mentira pas - les fans l'ont écouté et sont à l'aise avec).

 

Charles Smith / Rock migratoire

1- The Homesick (Dokkum, Pays-Bas) - Youth Hunt 


2- Killwest (Buenos Aires, Argentine) - Gush 


3- Vuelveteloca (Santiago, Chili) - Sonora


4- Lucidvox (Moscou, Russie) - Дым / Dym


5- Las Pinas (La Plata - Argentine) - Pista de Fuego