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15 December 2016

Revue de l'année 2016 : Électro

La musique se porte toujours du mieux qu'elle peut à tous les moments, tout le temps. Ici, le meilleur du meilleur tout le temps de 2016, selon nos spécialistes électro : Schizophrénie, Le Programme et L'Électro-libre.

Guillaume Nolin / Schizophrénie

Jenny Hval - Blood Bitch
Essentiellement un album pop, parce que la voix de mademoiselle Hval relègue aux coulisses son échafaudage électronique. Un témoignage sans détour de ce qu'est être une femme aujourd'hui, toute en chair et en sang.

Marie Davidson - Adieux au dancefloor
2016 a été l'année où Marie Davidson est partie à la conquête du monde, avec un disque sur la légendaire étiquette DFA avec son duo Essaie Pas et celui-ci sous une autre étiquette de disques new-yorkaise (Cititrax/Minimal Wave). Ce disque solo est une pure distillation de sa musique et de sa voix son carrées, détachées; paradoxalement, c'est essentiellement un album introspectif.

Huerco S - For Those Of You Who Have Never (And Also Those Who Have)
L'album par excellence pour les amateurs de paysages électroniques abstraits, tout en vignettes qui commencent et finissent abruptement. Sans doute le son d'un lecteur VHS qui rêve.

DJ Coquelin & MC Cloarec - JE M'EN TAPE
Deux Belges cinglés ont élaboré une trame sonore parfaite pour célébrer la chute de la civilisation occidentale.

Kornél Kovács - The Bells
La musique de club joyeuse et dansante, c'est en général au rayon des simples et des maxis. Chaque année il y a un long-jeu qui se démarque, cette année c'est celui-ci. Exécuté d'une main de maître, si vous ne souriez pas en l'entendant c'est que la musique électronique n'est pas pour vous.

 

Dany Gallant + Guillaume Veilleux / Le Programme

Machinedrum - Human Energy (Ninja Tune, 30 septembre 2016)
Cette superbe pépite qui nous a vraiment pris par surprise nous vient du producteur Travis Stewart, originaire de la Caroline du Nord. Difficile d'accrocher avec son précédent opus, Vapor City (2013), mais ce nouvel album est tout simplement fou, du début à la fin. Toutes les chansons sont captivantes et valent la peine d’être écoutées. White Crown est probablement la pièce qui nous a le plus éblouis avec son débordement d’énergie. Une belle claque au visage! Il s'agit du meilleur album en musique électronique que nous avons écouté en 2016.

Justice Woman (Ed Banger Rec., 18 novembre 2016)
Troisième galette pour le duo de Paris qui est sans contredit la plus mature et la plus achevée. Faisant suite au très glam rock Audio Vidéo Disco (2011) les Justice reviennent avec un funk plus présent que jamais. Dans la même veine que Random Access Memories, de leurs pères spirituels Daft Punk (peut-être un peu trop), ils nous ont toutefois charmés par des titres tantôt dancefloor (Alakazam!, Fire, Heavy Metal), tantôt plus sobres (Love S.O.S, Stop) ou encore très planants (Randy, Chorus, Pleasure). Quelques écoutes sont nécessaires pour pleinement apprécier l’album, mais c’est définitivement un incontournable de 2016.

Fonkynson - #followme (Lisbon Lux, 27 mai 2016)
Ça faisait longtemps que nous avions entendu un album de French Touch (ou Nu Disco) aussi bien produit. Les bass groovy, le funk, les loops de voix, le goût de danser, tout y est! Habituellement, en French Touch, les producteurs ont trop souvent la fâcheuse habitude de faire durer les mêmes loops pendant 6 minutes, jusqu’à l’écoeurantite aiguë, mais pas Fonkynson. En effet, des pièces comme Interlude A, Keep It Cool et Out There en sont des exemples parfaits. Les propositions sont simples et terriblement efficaces, tout en ne s’étirant pas trop pour en vouloir plus. Un must pour un Dj set bien relevé.

Moderat - III (Mute/Monkeytown, 29 mars 2016)
Plus sombre que ces prédécesseurs, III relève davantage du minimalisme musical, pour ne pas dire postminimalisme. À l'écoute, on entend les James Blake, Burial et Four Tet de ce monde. Avec ce troisième opus, le groupe montre qu'il possède encore la magie nécessaire pour produire de l'excellente musique électronique.

Kyle Dixon & Michael Stein Stranger Things OST (12 août 2016)
À l'écoute, on se remémore la première saison de cette populaire série, signée par Netflix. Cependant, la musique, magnifique synthwave, est bien plus qu'une trame sonore. En fait, elle est un univers complet qui n'est pas sans rappeler nos créateurs montréalais du même genre, Le Matos. Sortie de son contexte narratif, la trame sonore aux influences ambiantes découle d'une puissante création dont le succès s'avère indépendant du monde dont elle tire ses origines.

 

Jonathan Arès / L'Électro-libre

Kaytranada - 99.9%

Project Pablo - Beaubien Dreams

Jessy Lanza - Oh No

Essaie Pas - Demain est une autre nuit

Mall Grab - Menace II Society