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20 May 2016

London Cafe à Focus Wales 2016

Du 12 au 15 mai 2016, la 5e édition de Focus Wales, battait son plein à Wrexham, une petite ville du Pays de Galles. London Cafe a eu la chance de s'y rendre encore cette année pour y faire des découvertes musicales et retrouver la nostalgie de certains groupes établis. Ce festival donne une excellente opportunité à la culture locale galloise, mais également à des groupes de la Grande-Bretagne en général et d'autres pays de s'y produire. Fait à noter : deux groupes montréalais (Wake Island et L.A. Foster) étaient présents cette année, en collaboration avec Pop Montréal, ce qui fait une bonne vitrine pour les artistes de notre patelin.
Jour 1

Après presque 24 heures de transport en avion et en train, j'ai commencé ma journée tranquillement avec du folk au pub Royal Oak avec Andy Hickie, Ben Hands et plusieurs autres, à siroter une bonne pinte de cidre. Puis, je suis retournée au centre de conférence où il y avait des performances acoustiques. Notamment, nous avons pu découvrir la jeune auteure-compositrice Anna Houghton, qui faisait penser un peu vocalement à Anna Calvi avec une petite touche de musique électronique. Également nous avons pu voir Jess Ball qui normalement fait de la musique un peu plus heavy avec son groupe Mammoth Weed Wizard Bastard, nous a enchanté avec ses propres compositions un peu plus personnelles ainsi qu'une reprise de Joni  Mitchell, qu'elle décrivait comme une de ses grandes idoles. Parlant de grandes idoles, Viv Albertine donnait une conférence sur la difficulté d'être une femme dans un groupe de rock avec des anecdotes de sa vie avec les Slits.

viv albertine

Anna Houghton - Skin

Ben Hands - The Knife

Puis la soirée s'est poursuivie avec l'indie rock de Future Exits, formation locale de Wrexham avec beaucoup de guitares vers l'indie pop savoureuse de The Echo And The Always de Cardiff et de Lights That Change (le bassiste est le père de Ritzy Bryan de Joy Formidable qui jouaient le même soir, toute une coïncidence). Nous avions beaucoup de chance que les endroits où se déroulaient les spectacles étaient proches l'un de l'autre car souvent, les artistes se produisaient presque en même temps. Donc, sacrifices obligent, nous allions voir une ou deux chansons d'un et puis de l'autre en courant à l'autre salle. C'est ainsi que nous somme allés voir le rock expérimental un peu radioheadesque à la Hail to the Thief, OK Computer de I Am Of The Universe puis l'électro-folk-pop de Gwenno (anciennement des Pipettes) à l'église St-Giles. Après cette pause bien méritée de musique rock bien sale, nous sommes retournés vers le punk-rock bien bruyant avec nul autre que God Damn de Wolverhampton dans les Midlands ainsi que Blood Lips et Doppelganger, des groupes locaux qui roulent leurs bosses depuis plusieurs années.

I Am Of The Universe - The Hierophant

The Echo and The Always - Capable Of

La soirée de clôture était assurée par The Joy Formidable. Nous avions déjà vu ce groupe à plusieurs reprises auparavant dans les environs de Montréal. Par contre, cette performance fut magique, d'autant plus que le groupe est natif d'un village situé très près de Wrexham, Mold. Ritzy Bryan, Matt Thomas et Rhydiann Dafydd ont livré la marchandise de façon magistrale, avec des chansons de leurs premiers opus entremêlées de quelques nouvelles compositions de leur tout dernier album paru en début d'année, Hitch.  Intense, vivifiant, un peu court comme set par contre, soit une seule petite heure qui a passé trop vite.

ritzy

The Joy Formidable - The Last Thing On My Mind

Jour 2

Suite à la soirée passablement occupée du jeudi, nous avons fait quasiment la même chose en après-midi soit encore du folk dylanesque avec Kyle Lee et Phil Watson. Hors dans un festival comme celui-là, il nous devient facile de croiser les groupes qui y jouent donc entretemps, nous avons rejoint Future Exits pour une courte entrevue on the go puis direction la salle de conférence du Wynstayy Arms pour voir Kidsmoke, un groupe indie rock en prestation acoustique.

kidsmoke

Puis, après une petite bouffe dans un fast-food à l'américaine dont je tairai le nom, la soirée passablement éclectique commença. Tout a commencé par un peu de folk avec The Glendale Family, boursier du programme Gorweilion/Horizons de la BBC en 2016. Ensuite, pour les amateurs de Rythmologie sur les ondes de CISM, nous avons eu droit a un peu de jazz fusionné avec des rythmes africains et de la soul avec la formation indépendant Afro Cluster suivi de la musique électronique signée California Jr.  Puis, impossible de manquer un ancien membre des Gorky's Zygotic Mynci, étant fan depuis toujours de ce groupe, soit John Lawrence, seul avec sa guitare livrant ses chansons avec émotion dans l'espace tout en intimité qu'était le Royal Oak. Ensuite, nous sommes allés direction le Un Deg Un pour danser au son de We're No Heroes, du rock un peu à la Franz Ferdinand ainsi que sur le punk de Tibet. La soirée s'est finie au Central Station avec Kagoule et leurs mélodies tout en distorsion comme on les aime suivi des Sunshine Underground de Leeds et leur sonorités électroniques à la 80's synthpop mélangées au rock, un groupe en constante évolution. Ils ont carrément mis le feu au plancher de danse de la salle, finissant leur prestation sur un de leur tout premier succès Put You In Your Place.

sunshine underground

Kidsmoke - Heartache

We're No Heroes - Stay Weird

Jour 3

Après le déjeuner traditionnel, nous avons relaxé un peu à Queen's Square où se produisaient quelques nouveaux artistes dont Luke Gallagher (eh oui quel beau nom de famille!) qui a interprété ses propres chansons mais également de magnifiques versions de There Is A Light That Never Goes Out des Smiths ou bien A Town Called Malice des Jams. Entre quelques entrevues, nous nous sommes aventurés vers des rythmes indie rock, un peu plus influencé par Editors ou bien des Manic Street Preachers avec des groupes tel que Karma Shake, How Monsters Function et JKLMNO.

jklmno

JKLMNO - Between The Devil And The Sea

Nous nous sommes dirigés ensuite vers le Central Station pour vibrer au son de Golden Fable, un duo électro-folk établi en terre galloise, un délice pour les oreilles. Puis, la musique s'est intensifiée quelque peu avec le punk rock de Chupa Cabra, un mélange de The Fall, The Clash et bien d'autres légendes de la fin des années 70 qui rockaient la baraque. Ensuite, ce fut le temps du petit repas rapido presto et direction le Saith Seren, un petit pub pour voir la performance de Trecco Beis, un groupe gallois maintenant établi à Londres. Les amateurs de rock californien et de surf-rock n'étaient surtout pas en reste. Nous devions quitter après quelques chansons pour aller voir la nouvelle sensation Meilyr Jones, présentement signé sous l'étiquette Moshi Moshi. La salle pleine à craquer semblait apprécier le moment, un pur instant de bonheur avec une musique pop dandy entraînante. Il mettait bien le ton pour le clou de la soirée : Los Campesinos! Ces derniers ont offert une prestation sans faille, remplissant une heure sous le signe de la joie et du party avec bien sur leurs classiques You Me Dancing, Romance Is Boring,The Sea Is A Good Place To Think About The Future et bien d'autres.

los campesinos

Chupa Cabra - My Girl 

Trecco Beis - Sofia

Pour bien finir la soirée, nous nous sommes dirigés ensuite vers le bar Un Deg Un où Adam Walton de BBC Radio Wales y présentait des artistes live dont Connah Evans et Peaness, un trio de filles déjantées qui nous ont fait danser jusqu'aux petites heures du matin avec leur indie pop un peu punkish sur les bords comme dans le bon vieux temps.

Peaness - Summer Song

Jour 4

Journée qui a commencé par une grasse matinée, de toute façon les concerts ne commençait qu'en début d'après-midi.

Question de se revigorer après un lendemain de veille, rendez-vous à Queen's Park pour aller voir de petites sessions acoustiques. Plusieurs moments cocasses sont survenus, notamment lors de la prestation de Darren Eedens, un joueur de banjo originairement de Toronto qui roule maintenant sa bosse à Cardiff. En effet, des enfants à bicyclettes ne semblant pas apprécier ce style de musique, tournaient autour de lui en criant que sa musique était pourrie, mais bref il s'en est bien tiré et nous avons bien rigolé. Par la suite, Campfire Social, sans jeux de mots, ont performé sous le soleil de Wrexham alignés comme dans un camping avec leur musique folk pop.

campfire social

Campfire Social - The Ocean The Sunshine And Me 

Le reste de la journée a été plutôt relaxante, les concerts ne reprenant qu'en début de soirée avec le psychédélisme de Skin Tight Poncho, le rock électronique de Anelog, le punk du trio Totem Terrors et bien d'autres. La cloche signifiant la fin allait bientôt sonner. Les Magic Numbers, quatuor folk-pop formé de frères et sœurs, firent leur entrée sur la scène du Central Station. Depuis 2014, le groupe n'avait pas donné signe de vie, et nous ont offert une performance à la hauteur, malgré les quelques difficultés techniques devant une foule heureuse et comblée qui chantaient les chansons en chœur.

magic numbers

Anelog - Retro Party

Totem Terrors - Big E

Focus Wales 2016 aura été inoubliable, tant pour ses groupes classiques que pour ses nouvelles découvertes musicales en tous genres. Et on se dit à l'année prochaine, on l'espère.